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Entretien · Pour celles et ceux qui cherchent une direction · 18 min de lecture

Le Carnet des Possibles : la porte qui s’ouvre

Le premier carnet ressources d’Adrien Tingry, à l’origine du Référentiel des Possibles : une œuvre pour retrouver un regard juste, une direction et la possibilité de tenter l’aventure.

Couverture du Carnet des Possibles — Mon espace de cheminement

Repère éditorial · Carnet des Possibles

Une porte qui s’ouvre

Il arrive que l’on ouvre un carnet sans savoir exactement ce que l’on vient y chercher. On ne sait plus très bien où l’on en est. On ne sait pas ce que la vie peut encore nous réserver. On a peut-être vécu des échecs, des renoncements, des jugements ou des périodes durant lesquelles il a fallu se protéger.

Le Carnet des Possibles a été conçu comme cette ouverture. Une porte qui s’ouvre à toute personne qui accepte de prendre le temps de regarder ce qu’elle vit, ce qu’elle croit, ce qu’elle espère encore et ce qu’elle n’ose plus envisager.

Il ne commence pas par une réponse. Il commence par une présence.

Le premier carnet

— Pourquoi le Carnet des Possibles occupe-t-il une place si importante dans votre parcours ?

— Parce qu’il a été le premier carnet ressources que j’ai créé. Il est l’ossature du Référentiel des Possibles.

Je l’ai vu comme une ouverture, une porte qui s’ouvre à toute personne qui l’ouvre et qui tourne ses pages. Ce carnet permet de partir d’une situation très simple et très profonde : « Je ne sais pas où j’en suis. » « Je ne sais pas ce que la vie peut encore me réserver. »

Et puis, doucement, quelque chose peut commencer à se déplacer : « Je peux m’autoriser à… » « Il est possible que… » « Allons-y. » « Tentons. Tentons l’aventure. »

Ce déplacement ne consiste pas à se raconter que tout sera facile. Il s’agit de remettre une question là où une certitude avait fermé le chemin.

Une œuvre que j’affectionne profondément

Le Carnet des Possibles est une œuvre que j’affectionne énormément. Je ne l’ai pas conçu comme un simple outil d’accompagnement.

À travers les paraboles, les illustrations, les questions et les espaces laissés au lecteur, chacun peut commencer à créer un nouveau chemin de vie, ou simplement s’accorder à faire vivre ce qu’il porte de plus profond et de plus précieux.

Le carnet ne cherche pas à fabriquer une autre personne. Il cherche à permettre à chacun de retrouver ce qui existe déjà en lui, mais qui a pu être recouvert par le doute, la peur, les obligations, les regards des autres ou les conclusions que l’on a fini par porter sur soi.

Le possible n’est pas une promesse

Le Référentiel des Possibles ne dit pas que tout est possible. Il ne nie ni les contraintes, ni les blessures, ni les conditions matérielles, familiales, professionnelles, médicales ou sociales.

Il pose une autre question : qu’est-ce qui est réellement impossible, et qu’est-ce que nous avons appris à ne plus interroger ?

Une difficulté peut devenir une identité. Une mauvaise expérience peut devenir une condamnation. Une parole reçue autrefois peut continuer à résonner en nous bien après que la situation a changé.

Le carnet permet de revenir à ce qui est précis : ce qui s’est réellement passé, ce que cette expérience a produit, ce qu’elle ne permet pas de conclure, ce qui relève d’une peur, ce qui relève d’une contrainte et ce qui pourrait encore être essayé.

Le mouvement subtil de l’abeille

— Pourquoi l’abeille représente-t-elle si bien l’esprit du carnet ?

— Le Carnet des Possibles, ce n’est pas le rugissement ou la vitesse d’un guépard. Ce n’est pas une injonction à conquérir, à dépasser, à produire plus vite ou à devenir plus fort que les autres.

C’est le mouvement subtil de l’abeille.

L’abeille, dans ce monde délicat, côtoie le fragile et le respecte. On ne l’a jamais vue s’écraser sur une feuille. On ne l’a jamais vue butiner une fleur en l’abîmant.

Tout, dans son mouvement, se fait avec délicatesse, avec justesse. Elle se pose. Elle recueille. Elle relie. Elle repart.

Cette image nous rappelle que nous pouvons entrer dans le monde sans l’écraser, avancer sans nous brutaliser, recevoir sans posséder et contribuer sans prendre toute la place.

Avoir un regard juste

Le regard juste est peut-être la base du Carnet des Possibles. Un regard juste pour soi. Un regard juste par rapport à son monde. Un regard juste sur les autres.

Il ne consiste ni à se surestimer, ni à s’accabler. Il consiste à regarder ce qui est là avec suffisamment de précision pour ne pas ajouter de violence à la difficulté.

Une personne peut avoir échoué sans être un échec. Elle peut être perdue sans être incapable de se retrouver. Elle peut ne pas voir encore la suite sans que cela signifie qu’aucune suite n’existe.

Le regard juste permet de comprendre qu’une personne est bien plus que ce qu’elle pensait être, mais aussi bien plus que ce que ses difficultés lui ont parfois laissé croire.

Le carnet comme espace de liberté

Le Carnet des Possibles n’est pas un formulaire. Il n’attend pas des réponses parfaites.

Une phrase peut suffire. Une page peut rester vide. Une question peut être refusée, reformulée, différée ou reprise plus tard.

Le lecteur peut écrire dans la marge, barrer une phrase, dessiner, revenir en arrière ou conserver une page pour lui. Le carnet n’est pas là pour noter. Il est là pour laisser apparaître ce qui demande à être regardé.

Les six mouvements du Référentiel

Le Carnet des Possibles est structuré autour de six mouvements : Situer, Déplier, Discerner, Ouvrir, Expérimenter et Consolider.

Situer, c’est revenir à la situation réelle. Déplier, c’est ouvrir l’histoire, les influences, les expériences et les ressources. Discerner, c’est distinguer les faits, les émotions, les suppositions, les contraintes et la marge d’action. Ouvrir, c’est laisser entrer une personne, une information, une rencontre, un lieu ou une idée nouvelle. Expérimenter, c’est préparer une première expérience suffisamment réelle pour produire une information. Consolider, c’est recueillir ce que l’expérience a appris.

Ces mouvements ne constituent pas un parcours figé. On peut revenir en arrière, faire une pause ou recommencer à partir d’un autre endroit. Une personne n’est pas une ligne droite. Le chemin se construit par reprises, détours, hésitations et recommencements.

Retirer les roches du chemin

— Qu’avez-vous découvert en écrivant ce carnet ?

— En tant qu’écrivain, il m’est arrivé d’être surpris par la possibilité qu’il représentait. J’ai été surpris par ses capacités de levier.

Non pas un levier qui soulève la personne à sa place, mais un levier qui peut parfois retirer les roches placées sur son chemin : la honte, la culpabilité, la peur d’être jugé, l’impression de ne pas être assez, le sentiment d’être arrivé trop tard ou la conviction qu’il faudrait devenir quelqu’un d’autre pour avoir le droit d’avancer.

Le carnet ne retire pas toutes les difficultés. Mais il peut permettre de les regarder autrement. Il peut aider une personne à retrouver de la douceur et de la bienveillance pour elle-même.

C’est peut-être cela qui rend ensuite un mouvement possible.

Revenir à la beauté que l’on porte

Le Carnet des Possibles ne demande pas à une personne de s’inventer une vie idéale. Il l’invite à revenir vers ce qu’elle a de plus profond et de plus précieux.

Créer un nouveau chemin de vie ne signifie pas effacer son histoire. Cela peut signifier s’accorder davantage à ce qui, en soi, cherche à vivre : une capacité, une sensibilité, une envie de contribuer, une curiosité, une manière de prendre soin, une parole qui n’a pas encore trouvé sa place.

Revenir à l’essentiel, c’est retourner dans le monde autrement, avec un regard plus juste et une présence plus consciente.

Peut-être est-ce cela, au fond, la plus belle énergie que l’on puisse retrouver : croire que l’on peut être la plus belle présence de ce monde, non pas parce que l’on serait supérieur aux autres, mais parce que l’on accepte enfin d’habiter pleinement la place qui est la nôtre.

Couverture du Carnet des Possibles — Mon espace de cheminement

Pour aller plus loin

Le Carnet des Possibles

Un guide à lire et un carnet à vivre pour retrouver une direction et remettre en mouvement une part essentielle de soi.

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